Petites cases sur grand écran

Je sais ce que vous vous dites : il voudrait nous faire croire qu’il lui arrive de regarder des choses sérieuses, et direct il nous assène un film au titre scandaleusement racoleur : Lulu Femme Nue. Ca fleure bon la luxure et la misogynie tout ça…
Que nenni brave gens, sachez que ce film de Solveig Anspach , porté à l’écran par Karin Viard et Bouli lanners, est adapté d’un dyptique éponyme d’Etienne Davodeau.  Les adaptations de bandes dessinées au cinéma ont le vent en poupe, notamment sous l’influence des super-héros américains, Avengers,  X-Men, Batman ou Kick-ass, pour n’en citer que quelques uns. La Bande dessinée française n’est pas en reste, l’année 2013 a notamment vu la consécration de "la vie d’Adèle" d’Abdellatif Kechiche, adapté de "le bleu est une couleur chaude" de Julie Maroh, et le succès international du  Snowpiercer de Bong Joon Ho, adapté du "Transperceneige" de Jean-Marc Rochette, Benjamin Legrand et Jacques Lob.
Est-il encore nécessaire de présenter Etienne Davodeau, visionnaire du quotidien, amoureux de la simplicité dans les rapports humains, un homme qui manie le crayon comme d’autres utiliseraient la plume ou la caméra pour offrir au monde leurs visions des choses. Sa démarche se rattache au courant de la « Bande-dessinée-reportage », l’idée que le support BD n’est pas dédié à la seule fiction mais peut également servir à montrer la « vraie vie ». Les sujets qu’il a abordé durant sa carrière sont très divers : l’agriculture dans « rural », les mouvements sociaux de l’après-guerre dans « un homme est mort », la culture du vin dans « les ignorants », le musée du Louvres dans « le chien qui louche », etc… Dans Lulu Femme Nue, Davodeau revient à la fiction, tout en conservant son traitement réaliste et son regard poétique. Il nous conte sur deux tomes le voyage d’une mère de famille quarantenaire qui, enfermée dans la tristesse de son quotidien,à la suite d'un enième entretien d'embauche infructueux, va faire le choix de quitter sa famille sans crier gare pour partir en solitaire à la redécouverte de sa propre vie. Sur sa route elle va croiser toute une galerie de personnages hauts en couleur qui vont lui donner la force d’aimer et de s’aimer à nouveau. Comme le dit l’auteur, « Je suis transporté par le banal, l’héroïsme m’emmerde… » Alors laissez vous transporter par une histoire dont la banalité n’égale que la chaleur qui se dégage de son héroïne.

Le film

A voir au Cinéma le Chardon du 12 au 18 février.

l'auteur

Un petit entretien de Davodeau sur Lulu femme nue.

les albums

Les Ignorants

par Étienne Davodeau
Par un beau temps d'hiver, deux individus, bonnets sur la tête, sécateur en main, taillent une vigne. L'un a le geste et la parole assurés. L'autre, plus emprunté, regarde le premier, cherche à comprendre < ce qui relie ce type à sa vigne > et s'étonne de < la singulière fusion entre un individu et un morceau de rocher battu par les vents >. Le premier est vigneron, le second auteur de bandes dessinées. Qu'ont-ils donc en commun ? Pendant un an, Etienne Davodeau va goûter aux joies de la taille, du décavaillonnage, de la tonnellerie ou encore s'interroger sur la biodynamie. Richard Leroy, de son côté, va découvrir des livres de bande dessinée choisis par Etienne, rencontrer des auteurs comme Emmanuel Guibert et Jean-Pierre Gibrat, participer à des salons de bande dessinée, ou encore visiter la maison d'édition Futuropolis. Etienne et Richard échangent leurs savoirs et savoir-faire, mettent en évidence les points que ces pratiques (artistiques et vigneronnes) peuvent avoir en commun.

Les Mauvaises gens : une histoire de militants

par Étienne Davodeau

Lulu, femme nue. 1

par Étienne Davodeau
Suite à un énième entretien d'embauche raté, Lulu, mère de famille de quarante ans, sans histoire, décide de ne pas rentrer à la maison, abandonnant mari et enfants aux amis désemparés.

Lulu, femme nue. 2

par Étienne Davodeau
Avec ce second livre très attendu, Etienne Davodeau clôt magistralement un récit en tous points magnifique. C est un hymne à l'amour de vivre, joyeux et grisant. Lulu est toujours en errance. Si son escapade se déroule sur dix-neuf jours, le temps de la narration est celui d'une nuit, sur la terrasse de la maison familiale, où tous les amis de Lulu sont réunis pour une veillée funèbre. Mais cette fois, prenant le relais de Xavier, c'est Morgane, la fille de Lulu, qui raconte ce qui est arrivé à sa mère. Lulu a quitté Charles, son camping et ses improbables frangins, mais n'a pas pour autant décidé de rentrer au bercail. Elle poursuit sa quête d'elle-même, ailleurs. Elle rencontre Marthe, vieille femme solitaire et pétillante, dans des circonstances, disons, explosives.
Malvoyant
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